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De la neige
Durs Grünbein

112 pages au format 16x22 Traduction de l’allemand par Françoise David Schauman et Joël Vincent

14 euros
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Durs Grünbein est né le 9 octobre 1962 à Dresde. Figure reconnue outre-Rhin et outre-Atlantique, méconnue en deçà, poète, essayiste, traducteur, il s’impose comme l’une des principales voix de l’Allemagne unifiée. Il s’interroge sur le monde post-moderne dans une esthétique baroque, après la faillite des eschatologies, décryptant les signaux fragiles d’un monde en transit, ponctué par l’effondrement d’un mur de béton à Berlin et d’une tour jumelle à Manhattan. Au cœur d’une poétique « neuro-romantique », il développe une réflexion entre la physiologie du corps et les affres de la mort, en convoquant dans un esprit universaliste les sciences et les techniques, et en revisitant les mythes gréco-romains de l’Antiquité. L’homme, lui, témoin éphémère du temps médiatique dans le jeu du hasard génétique et radioactif, apparaît comme le reflet de l’animal anhistorique, antédiluvien, déjà post-humain. À trente-trois ans et les lettres germanophones reconnaissant leur prodige, Durs Grünbein devient le récipiendaire le plus précoce du prix Georg Büchner, et l’aura ne fait que croître depuis sa consécration à la chaire de poétique de l’université de Francfort pour sa conférence « De l’importance des mots » en 2009.

« De la neige, ou Descartes en Allemagne » cherche à représenter poétiquement l’acte de philosopher - voire la naissance même de cette impulsion à penser. La question qui traverse le recueil est de savoir comment la logique peut devenir rhétorique, l’inspiration histoire de notions et quelle résonnance a pu avoir le moment où la pensée abandonna pour la première fois toute certitude. Le problème, c’est de retracer la quête spirituelle du philisophe français, cherchant à établir le fondement de la pensée en pleine guerre de trente ans. « De la neige », comme cela se passe du reste souvent chez Grünbein, croise science et littérature et travaille à une écriture "neuro-poétique". « De la neige » est une méditation cartésienne. « De la neige » est une forme intermédiaire (poème narratif, nouvelle versifiée, roman en strophes), une œuvre stéréoscopique et lyrique. L’interférence de différentes strates de pensée doit créer un effet spatial dans la tête du lecteur. Au-delà de cela, c’est un rébus, une pièce de musique des idées, un divertissement philosophique et aussi un hymne à la plus froide saison de l’année, ainsi qu’à la théorie de la diffraction de la lumière. C’est un récit des horreurs de la guerre de trente ans et un traité sur l’homme nouveau, le protocole de la naissance du rationalisme engendré par l’esprit de l’hiver. Pourquoi Descartes ? Parce qu’il est l’initiateur d’une philosophie moderne de la connaissance et passe pour l’inventeur du sujet. Son doute méthodique fut ce qui déclencha une réaction en chaîne. Avec lui, commence en Europe, une nouvelle ère dans les sciences de l’univers et de la terre, de la nature et de l’homme. Descartes ? Un philosophe, qui, comme tout bon poète, commence son œuvre en s’observant soi-même. Et c’est ainsi qu’avec lui, commence l’autobiographie de l’esprit moderne.

Dans son essai "La poésie de la pensée" Georges Steiner a pu écrire de ce recueil de Durs Grünbein : « Avec une pénétration magistrale, Grünbein rend les incertitudes spectrales comme les éclairs de révélation dans les rêves enneigés de Descartes ».

 

 

 

Autour de l'ouvrage :

(Pas d'autre œuvre aux éditions Grèges)

 

 

         

 

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