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Pandaemonium Germanicum
J. M. R. Lenz

J.M.R. Lenz, Pandaemonium Germanicum, 12 x 18 cm, 96 pages, tiré à 500 exemplaires sur Centaure naturel 110 g. Traduit de l’allemand & présenté par Hugo Hengl. Isbn : 2-9515180-9-9. 10 euros. Juin 2003.

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Pandaemonium Germanicum est une revue satirique que Lenz écrivit en 1775, mais qui ne fut publiée qu’en 1819, 27 ans après la mort de l’auteur. Le genre de la satire était alors en vogue, et Goethe venait de le renouveller en faisant paraître en 1773 Les Dieux, les héros et Wieland.
Lenz poursuit à sa manière l’innovation du genre. Les références mythologiques éculées sont systématiquement tournées en dérision. Le Parnasse littéraire, premier décor, est une montagne aride et dépeuplée. Le Temple de la Gloire, deuxième décor, prend vite la forme contraignante d’un temple protestant où l’art doit se soumettre à l’autorité religieuse et morale. Et si l’un des personnages apparaît encore sous le masque d’un dieu antique, Amour, il ne s’agit plus que du déguisement grotesque et galvaudé de l’angelot « rococo » des Anacréontiques. Le beau pan-théon littéraire dégénère chez Lenz en grotesque pan-daemonium, et la satire traditionnelle en tant que forme dépassée devient elle-même objet de dérision, et de réflexion. Dans Pandämonium Germanikum, Lenz brosse un tableau caustique et virtuose du milieu et des clivages littéraires de son temps, et oppose Klopstock, Herder, Lessing, les trois modèles de la génération des « génies », incarnés par Goethe et Lenz lui-même, aux imitateurs des Français, le dramaturge Christian Felix Weisse, les maîtres anciens Christian Fürchtegott Gellert et Friedrich von Hagedorn, ainsi qu’à la poésie galante et maniériste incarnée par Johann Ludwig Gleim, Uz ou Johann Georg Jacobi. Comme déjà dans les Notes sur le théâtre, Lenz épingle Voltaire, symbole du classicisme. Comme dans les Notes, il expose les grandes lignes du nouvel art dramatique qu’il entrevoit pour l’avenir. Pandämonium illustre ainsi de façon exemplaire le projet de Lenz d’une contestation des valeurs littéraires établies au nom d’une rénovation radicale du théâtre. Ceci jusque dans le corps du texte, avec une inventivité formelle de circonstance. Non destinée à la représentation, la satire théâtrale devient en effet pour Lenz un espace de liberté et d’expérimentation. Le grotesque, le fantastique y sont autorisés et, plus encore que dans ses pièces, Lenz peut profiter de l’exercice pour s’adonner avec brio à toutes les infractions aux codes dramatiques classiques. Ainsi, au début de Pandämonium, les changements de point de vue successifs sur la montagne bravant l’unité de lieu, d’action ; ou encore l’évolution de plusieurs années de Wieland montrée en un tour de main, pique ingénieuse contre l’unité de temps. Mais l’intérêt de Pandämonium dépasse de loin son enjeu formel et programmatique. C’est un fait nouveau que le satiriste se représente lui-même dans sa satire - et en devienne l’un des objets. Avec un mélange caractéristique d’orgueil et d’autodérision, Lenz évalue sa place, nullement acquise, dans la farce littéraire de son temps, le temps d’un rêve qui justifie tous les défoulements sarcastiques. Car comme dans Les Dieux, les héros et Wieland de Goethe, le cadre de Pandämonium est un rêve... qui se termine par le réveil de Lenz lui-même, poussant un cri qui sonne comme un sinistre présage.

 

 

 

Autour de l'ouvrage :

Le Plus sentimental des romans

(Pas d'autre œuvre aux éditions Grèges)

 

 

         

 

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