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Les éditions Grèges

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Friedrich Maximilian Klinger, La Vie de Faust, ses exploits et comment il fut précipité en enfer, traduit de l’allemand et présenté par François Colson, 320 pages, 14 x 19 cm.
Après s’être essayé au théâtre comme auteur avec quelque succès, le jeune Klinger (1752-1831) devient une figure emblématique du mouvement qui dans l’histoire des lettres allemandes portera le titre d’une de ses pièces, le « Sturm und Drang ».
Friedrich Maximilian Klinger

La proximité de Goethe conduit bientôt cependant à un conflit, où il est abandonné à lui-même. Songeant un instant s’embarquer pour l’Amérique, inutile comme soldat dans la grande paix de la fin du XVIIIe siècle, il est finalement engagé au service de l’aristocratie russe. Lecteur du prince Paul, futur tsar, il peut enfin s’adonner à une activité débordante et enrichir son expérience de voyages. Après avoir continué à écrire des pièces de théâtre, il se tourne vers l’écriture de romans, qui peu à peu s’organisent en un vaste tableau de la condition humaine et du siècle. Près de neuf cents aphorismes concluent son activité littéraire. Il se retirera de la vie publique, disgracié par le nouveau tsar Alexandre quand celui-ci se tournera vers le mysticisme. L’œuvre abondante qu’il mettra tout son soin à rééditer sera relativement vite oubliée, Saint-Pétersbourg restant trop loin des centres de la vie littéraire allemande.

Le personnage légendaire de Faust n’a pas inspiré le seul Goethe à la fin du XVIIIe siècle. Son ancien ami de jeunesse, F. M. Klinger, a été tenté par le sujet au même moment et a d’ailleurs peut-être poussé Goethe à le reprendre. Les interactions entre les deux auteurs sont abondantes, même si Klinger fait le choix de la forme romanesque, bien qu’il soit surtout à cette époque un auteur dramatique. La conclusion d’un pacte avec les forces du mal, auxquelles Faust veut prouver la prééminence de la vertu de l’homme, est le sujet central chez Klinger : mais il s’agit pour lui de décrire un dévoiement et de mettre en garde contre une errance de la nature humaine. Sur ces fondations, d’autres romans, flanquant ce premier, viendront ultérieurement compléter le tableau de leur perspective contrastée. L’homme de théâtre que reste Klinger prend encore, en 1794, un plaisir évident à représenter, dans une sorte de chorégraphie magistrale, la course folle de son personnage jusqu’aux limites connues du monde médiéval, ainsi que les horreurs de l’Enfer. La réflexion philosophique sur l’universalité du mal, qui apparaît bien comme le point de départ de ce roman, s’y décline sur tous les tons, du sarcasme à la méditation en passant par le sentimentalisme.

 

 

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