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Les éditions Grèges

978-2-915684-41-4

248 pages Format 16x22
Après Légende posthume (paru chez Grèges en 2013), qui regroupait principalement des textes qui avaient fait l’objet d’une publication du vivant de l’auteur, ce deuxième volume des œuvres de Charles Racine rassemble des textes inédits (dans leur grande majorité) écrits entre 1942 et 1969. Partie intégrante des archives regroupées à Zürich, ces textes ont été précieusement gardés, consignés, classés, parfois annotés ou infiniment retravaillés par le poète, probablement en vue d’une future publication dont il n’aura jamais la force de mener à terme le projet. C’est une des caractéristiques de cette œuvre que de n’avoir pu que rarement - et dans une insatisfaction permanente - fixer l’état définitif des textes, laissant dans l’ombre un vaste ensemble d’écrits qui bouleversent d’ailleurs la classification traditionnelle de poèmes. En effet, le corpus racinien rassemble des textes qui se présentent sous des formes (et sur des supports) multiples. On y perçoit cependant une même vision ou une même exigence qui souligne à coup sûr la singularité de sa poésie : la volonté de demeurer telle quelle, comme œuvre brute, sans le dégrossissement ou la mise au propre que nécessite toute publication, la volonté d’inscrire la parole poétique dans la précarité de son surgissement - la résonance de son exécution. Comment figer à (par) l’écrit ce qui ne peut se laisser prendre ? À ce questionnement insatiable du poète répond aujourd’hui celui d’une publication posthume : comment donner à lire cet ensemble de textes fragmentaires aux propositions fulgurantes, décidés parfois dans l’indécision, où la réflexion (sur le travail poétique) se mêle à l’image poétique elle-même ? Il aura fallu apprendre à s’orienter dans un corpus aussi abondant qu’incertain. Il aura fallu opérer une sélection, faire des choix. Il reste qu’il nous a semblé impératif de rendre compte de la diversité de ces écrits, qui vont du poème à la note poétologique - entre la remarque d’humeur et l’esquisse poétique, qui peuvent notamment, à l’occasion, prendre la forme d’une lettre. Il apparaît clairement que le statut du texte poétique et la question générique ont travaillé le poète au point de bouleverser sa conception de l’œuvre, avec pour conséquences de stimuler l’énergie de sa création mais également, contradictoirement, de rendre manifestes les entraves quant à sa mise en forme, sa présentation et donc sa publication. Ce qui est sûr, c’est que l’œuvre apparaît comme une œuvre-vie : la vie s’y mêle à chaque instant (importance des dates, des événements vécus, des lieux traversés, des amis rencontrés) - le poète y joue sa vie, avec gravité (mais non parfois sans humour), à chacune de ses tentatives poétiques. Ce risque est la marque de cette écriture, de chacun de ces textes qui s’inscrivent dans une « création en cours » qui donne à l’ébauche poétique le statut d’amorce ou, plus précisément encore, d’entame - où la blessure coupante du surgissement de la parole est à l’œuvre -, dans la suspension ou le mouvement hésitant de sa mise en forme. Le poème de Racine se présente en effet comme une tentative poétique - inlassablement remise sur le métier ou fixée en son ébauche manuscrite -, saisie dans la sidérante épiphanie de son événement.
Charles Racine

 

 

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