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Les éditions Grèges

978-2-915684-20-9

Poèmes traduits de l’allemand par Sabine Macher, Jacques Lajarrige, Hugo Hengl, Joël Vincent, Philippe Marty, Jean-René Lassalle, Lambert Barthélémy
Pastior écrit dans l’allemand, plus qu’en allemand, selon l’heureuse formule de Christian Prigent : il utilise une langue dont on a souvent l’impression qu’elle a perdu tout repère, qu’elle échappe à la discursivité, tant elle est massivement faite d’inventions, trouée de glossolalies et d’onomatopées, constituée de l’effondrement et de l’affrontement d’une multitude d’autres langues, zébrée, bousculée, tant dans sa syntaxe que dans son lexique, par le roumain, le russe, l’anglais et le français, le latin ou le grec, une langue extrêmement dynamique, sur-rythmée, où s’affirme constamment, par le dérapage, la figure, le paragramme, ou la réécriture un particularisme violent. C’est une langue sceptique qui brouille avec minutie la communication pour mieux faire de celle-ci, de ses modes de fonctionnement ou de conditionnement, une véritable question de nature poétique et conceptuelle. Mais c’est aussi une langue qui se renouvelle sans cesse, qui modifie ses angles d’attaque, visant tantôt le phonétique, tantôt le syntaxique, prenant alternativement le biais du burlesque ou celui de l’analytique, joue de l’énigme ou de la théorie, passe par le trivial tout en se pliant aux formes les plus complexes de contrainte (sextine, pantoum), pour mieux les renouveler. Immense jubilation verbale, le poème de Pastior impose toujours un redécoupage complexe du sens, une « subversion », par quoi il empêche tout figement, toute réification, toute souillure, et se donne comme une expérience d’échappée belle hors de la normativité.
Oskar Pastior

 

 

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