Accueil   Grèges   Commander   Revue   Livres   Livres d'artistes   Auteurs   Contact

 
 
   
Les éditions Grèges

Presse


« dans l’infini d’un emportement / la ligne du défaut »

Le premier livre de poésie de Brice Petit se compose de deux pans, le premier intitulé « Récit » et subdivisé en trois parties, le second d’un seul tenant, intitulé « Et emportement ». En effet, c’est bien au récit emporté d’une quête du mot (du mot juste, pesé, pensé, celui qui, enfin, parviendrait à dire...) que Brice Petit nous convie dans ces pages. Une quête qui est bien sûr inachevée, inachevable, reconduite dans ses manques et ses errements, et jalonnée de traces éparses, de mots trouvés et perdus, fragments de voix blanches et désincarnées, bribes se répercutant en échos lointains. Ici, « des vers blancs pensent le crâne », et face au monde, « cette épaisseur est simple / ce qui brille / c’est le silence ». De fait, et c’est sans doute là toute la gageure de ce livre, B. Petit parvient à tourner autour d’une forme d’abstraction persistante en usant d’une langue qui fait fi des jeux contemporains d’expérimentation à outrance ou de tentatives de déconstruction trop marquées, et s’incarne véritablement, parvenant à trouver un équilibre entre chair de vocable et pensée soupesée. Dans ces vers, on navigue dans « la neige du sens » grâce à un patient travail sur la syntaxe et le lexique, lequel nous projette au cœur d’un univers où « le vent le vers / traversent la poche ». Se mêlent ainsi au parcours du sujet parlant, qui se heurte à la portée d’une « phrase à bout de bras », diverses évocations. Celle-ci pour exemple : « j’ai vu l’ouvrier mort / en plein midi / sur le goudron frais /.../ il poussait le néant /’ entre deux montagnes / il soufflait ». Mais aussi, et ce sera l’un des fils sous-jacents au livre, celle de l’Histoire majuscule avec ses wagons de mort, particulièrement prégnante dans la dernière partie, sans doute la section la plus forte de l’ensemble. Brice Petit y trouve un souffle singulier dans l’écriture et la composition de son vers, alliant « la langue du ballast / et la phrase coupante // dans cet espace / ce mur de bourre /où la langue a été envoyée // où je ne cessais pas d’aller / et de retourner », écrit-il.

Un premier livre à saluer et à lire avec attention, tant cette voix poétique détonne dans le paysage actuel : « quand je m’arrête de passer / regarde le passage // par le langage ».


Lionel Destremau

Aller à

2951909012
Presse

 

 

Retrouvez ici nos annonces événementielles. - Plan du site