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Les éditions Grèges

Presse

Vient de paraître, n°17, juin 2004

Yves di Manno

Collaborateur de la revue Grèges, fondateur avec Guy Viarre et Cédric Demangeot de Moriturus, l’un des rares espaces où de nouveaux venus tentent de recommencer la poésie, Brice Petit publie à moins de trente ans, avec Le Mot que je porte, un premier recueil qui tranche comme un éclat de verre (ou une giclée de sang) sur notre paysage, rejetant du même coup dans l’ombre bien des prétentions du moment. Les raisons de sa réussite sont d’ailleurs malaisées à circonscrire, n’ayant rien de « spectaculaire » - sinon que cette écriture tourne visiblement le dos à ce qui fonde la plupart des démarches poétiques contemporaines : descriptions littérales, séries mathématiques, confessions, borborygmes, rêvasseries métaphysiques... Brice Petit semble pour sa part voué à une autre manière d’exploration : il arpente une contrée plus abstraite, invisible sans être absente - ce que je serais tenté de nommer un paysage prosodique - en vue d’une lumière qui déchirerait le voile tendu devant le monde et que l’écriture, parfois, permet de soupçonner : « Car si j’avais failli je méritais/de voir//[...] que je pouvais toujours mettre le pied/sur une ombre habitée/à tout le moins sur une erreur commune. » Comme chez l’Américain George Oppen - auquel il fait parfois penser et qu’il semble avoir lu de près-, sa poésie « tient » (naît) dans la tension entre un regard mesuré sur cet impensable versant du monde et une exigence formelle (notamment dans l’art des strophes) d’où elle tire sa lumière cachée. Ou la reflète. À cet égard, la dernière section du livre, « Et emportement », constitue l’une des méditations (éthiques, esthétiques) les plus intenses qu’on ait pu lire depuis longtemps. Il va falloir rester à l’écoute de cette parole qui semble se méfier de toutes les formes d’illusion (et de renoncement...) mais qui s’avance avec une telle gravité dans la transparence des vers : « Les choses ne sont plus qu’ici//dans l’infini d’un emportement/la ligne du défaut//la défaillance d’un hiver dans le langage. »

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